« Le pari était risqué, mais il est en passe d'être
gagné. Tant le conservateur Aznar que le socialiste Zapatero ont
choisi l'option d'interdire tout parti politique basque qui
n'afficherait pas clairement le rejet de la violence, Ce qui a valu
dès 2003 à HB (Herri Batasuna), à Batasuna età EH (Euskal
Herritarrok) d'être interdits de présenter des candidats aux
élections. Tout comme leurs succédanés, le Parti communiste des
Terres basques (PCTV en espagnol, EHAK en Basque) et l'ANV, tous deux
en septembre 2008. Pour durcir le tout, le redoutable Garzon a jugé
nécessaire en février de la même année d'envoyer au cachot
vingt-six de ses trente-neuf dirigeants […] Si l'on ajoute
l'interdiction antérieure des journaux basques trop clairement
favorables à l'indépendance, comme Egin en 1998, Egunkaria en 2003,
ainsi que la revue Jakin, l'hebdomadaire Argia, ou le portail
internet Plazagunea, le constat est clair : ETA ne possédait
plus aucun relais politique et quasiment plus de vecteurs médiatiques
avant que le Tribunal constitutionnel, par une voix de majorité, ne
lui lance une inespérée bouée de sauvetage en permettant à la
coalition Bildu de se présenter aux municipalesde mai 2011 et de
devenir la deuxième force politique du Pays basque. » p. 16.
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samedi 26 mars 2016
CHALVIDANT Jean, Secrets d'ETA. Éditions Jean Picollec, 2012.
« Comment expliquer les arrestations autrement que par
l'action policière et le renseignement ? Car entre France et
l'Espagne, la coordination antiterroriste est pleine et entière.
C'est sans compter sur les indicteurs, et autres mouchards que les
services espagnols ont réussi depuis des années à infiltrer dans
l'organisation. Déjà, par le passé, ce sont deux « taupes »
qui ont permis les prises les plus importantes. Ainsi, El Lobo est en
1975 à l'origine du plus gros coup de filet contre ETA [...]En 1992,
c'est grâce au travail souterrain d'un garde civil infiltré que le
« collectif Artapalo » […] est interpellé à Bidart.
Car les arrestations fortuites suite à des contrôles routiniers de
gendarmerie ne trompent personne : ETA est noyautée de
l’intérieur par des indicateurs, immiscés dans le mouvement par
les services secrets depuis des années, et qui indiquent le moment
opportun pour frapper. Effet induit : tout membre d'ETA regarde
son compagnon comme une « balance » en puissance. »
p. 14.
Libellés :
Balances taupes et indics,
Incarcérations,
Jean Chalvidant
CHALVIDANT Jean, Secrets d'ETA. Éditions Jean Picollec, 2012.
« On dénombre environ 704 etarres emprisonnés (contre 300
en 1999). Dont 140 en France. Environ, car le nombre évolue chaque
semaine au fur et à mesure des arrestations et des élargissements.
Avec un pic de 760 en 2010. C'est le chiffre le plus importants
jamais atteint en cinquente-deux ans de son histoire, excepté durant
la période franquiste (860 détenus en 1969) où le Caudillo faisait
arrêter n'importe qui sans grand discernement pour montrer son
autorité déclinante. Si l'on met en parallèle le nombre d'étarres
actuellement plus ou moins en activité, environ 210, dont seulement
une cinquantaine pleinement opérationnelle, on se rend compte que
l'essentiel de l'organisation est sous les verrous. […] Au total,
dans les trente dernières années, 9717 membres ont été
incarcérés. » p. 12.
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